Notes (éparses) sur la Littérature – Georges Perec, tentatives d’épuisement d’un paysan

Du soc de sa plume, Georges Perec laboure en lignes d’écritures les pages de ses cahiers, carnets et notes. Il lui plaisait de se décrire en un « paysan cultivant plusieurs champs », comme un analyste usant de plusieurs modes d’interrogations, son dos courbé sous la contrainte de ses outil Oulipiens et son fameux sourire faunesque aux lèvres. La pastorale de ses hectares d’écritures serait trop longue à arpenter. Parmi eux…

Les Tentatives d’épuisement d’un lieu parisien rapiècent le temps par des fragments d’espaces. Les lieux bruissent, s’épuisent dans leur agitation. L’écriture se fait l’allégorie d’une caméra posée à un café ou à un arrêt de bus. Tout ce qui se passe et se repasse est scrupuleusement noté, de la teinte d’une jupe au numéro 38 de l’omnibus.

Pourtant cette entreprise descriptive est vouée à l’échec. L’exhaustivité de la situation, des multiples situations, des situations superposées, des situations en fuite, sans suite et sans dessus-dessous font de cette énumération des phénomènes perçus une bien maigre captation.

Il y a une poétique diffuse du regard objectif sur le monde, oubliant la hiérarchie ou l’invoquant pour la faire échouer, un peu comme une série mathématique dont les membres s’interchangeraient entre les énoncés. Un sentiment perdure au terme de ces pages où toute chose fuit à peine notée ; la vanité de ces tentatives, l’impossibilité d’être et la permanence du devenir.