Notes (éparses) sur la Littérature – Enrique Vila-Matas, disparaître et s’incarner dans la littérature

Enrique Vila-Matas, romancier et essayiste espagnol hors catégorie, adopte une écriture à la fois anti-traditionnelle et provocatrice ayant pour thématique obsessionnelle la littérature. Cette dernière est déployée dans et pour chaque récit comme un exercice de virtuosité, devenant dispositifs (auto)réflexifs mêlant réel et fiction, mises en abyme transtextuelles infinies convoquant une multitude d’auteurs (notamment Franz Kafka, Maurice Blanchot et Robert Walser).

La littérature comme (trans)dispositifs réfléxifs – Réécritures et transpositions

Chaque livre a ce que l’on pourrait appeler un système de classification en soi (et pour lui-même) de part son découpage hiérarchique, son organisation : chapitres, parties, tomes, actes, scènes, etc. Aussi, des ‘’outils’’ internes viennent aider le lecteur à aborder cette gradation via des espaces comme le sommaire, l’index ou la table des matières.
Ce découpage hiérarchique, cette structure interne pourrait être transposée, devenir autre chose, aller au-delà du concept littéraire. Nous explorerons par le biais d’études de cas, allant de l’ouvrage papier à l’archive en ligne, les possibilités que donnent le livre comme objet, comme extension.

Notes (éparses) sur la Littérature – Les yeux fermés de Louis-Ferdinand Céline

En 1932, une brique de papier dans la mare. Elle fait du bruit et du tapage car ces plus de 600 pages de vérités romancées dérangent par leur crudité suintant le vice, la lâcheté, l’anti-héroïsme. Qualifiée de grossière et obscène par ses détracteurs, l’oeuvre de Louis-Ferdinand Céline est en fait simplement l’odyssée d’un homme, son errance quasi autobiographique. Nous sommes pourtant prévenus dès les premières pages de Voyage au bout de la nuit – deux fois même !

Notes (éparses) sur la Littérature – L’imprenable Citadelle

L’infinissable Citadelle, restée à l’état de brouillon dactylographié, a été mise en forme et publiée à titre posthume par l’éditeur en 1948. Ici, l’auteur se transpose sous les traits d’un seigneur berbère évoquant à son fils les leçons que son père lui donna afin de faire de lui un homme et un roi, abordant densément des grands thèmes relatifs à la condition humain mais aussi ses croyances – humanistes – personnelles.

Notes (éparses) sur la Littérature – Artaud 1920

Antonin Artaud 1920, c’est un homme qui avait compris qu’il était mort avant tous le monde, et, étant déjà mort, il ne pouvait plus mourir. Antonin Artaud, c’est le bouillon de culture d’une époque, qui traverse les ans, et devient atemporel : c’est un homme des trois temps, c’est-à-dire un homme-passé, un homme-présent et un homme-futur.

Notes (éparses) sur la Littérature – Samuel Beckett, rire et sombrer

Samuel Beckett, à la fois écrivain, dramaturge, poète et scénariste de la « destitution de l’homme moderne », est re.connu pour son oeuvre sobre et dépouillé, son pessimisme face à la condition humaine, et de manière plus générale, face à l’Humanité. C’est aussi un travail sur le langage que nous propose l’auteur au fil des années, un travail de style au service des thèmes ou des propos qu’il traite : une langue lapidaire et minimale pour une humanité sans avenir.