La Somme de ses parties [3/4] – Bibliothèque XY

La bibliothèque XY est une alternative où la collection disparaît de la surface, elle se déshumanise en laissant aux machines le travail de penser le classement et donc de faire sens par la collection.

Sous-Terrain — Les quatre dents du peigne que formaient les labos dédiés au L1, toutes disposés perpendiculairement au corps principal de Néel sont détruites, désintégrées pour faire place au jardin. Il n’en reste que les traces à la surface du sol. Nous utilisons le sous-sol de l’une d’entre elles pour mettre en volume la collection des ouvrages scientifiques de la petite bibliothèque de Neel. Les murs sont en béton brut, parcourus pour certains des tuyaux de chauffage, des anciens circuits d’alimentation électrique et des autres réseaux logistiques alimentant le bâtiment. Les ouvrages sont autant d’éléments logistiques alimentant les usagers du bâtiment, ils sont disposés sur deux étagères de XXm de long et de XXm de hauteur, longées par deux étroits couloirs de visibles, espacées l’un et l’autre de 48cm soit la largeur du robot-trieur. En réponse à la requête d’un ou plusieurs ouvrages, le robot se saisit par deux paires de pinces placées sur ses flancs l’objet en question. Il se déplace entre l’artefact cible et le point de collecte au moyen de deux rails disposés verticalement en ce qui concerne l’axe X. Sa hauteur est réglée par deux pistons situés au-dessus et en dessous du robot. En dehors de ses périodes d’activité, le robot optimise la disposition des artefacts en les répartissant sur les deux étagères pour 1)Répondre aux requêtes le plus rapidement possible. 2)Minimiser l’énergie dépensée.

Un axe souterrain parcouru par deux robots

Surface — L’accès aux galeries de maintenance se fait par l’ancien accès au vide sanitaire : un seuil en contrebas d’une pente au nord du parc. La collection est difficilement accessible, invisible depuis la salle de lecture. Existe-t-elle seulement ? La salle de lecture est située dans la bibliothèque de Néel. L’ancien mobilier est redistribué entre la bibliothèque en covalence et les salles de cours. Il est remplacé par un mobilier tout aussi sobre intégrant alimentation électrique et éthernet à chaque poste de travail. Il est disposé en suivant le carroyage précis du bâtiment. Au centre de cette salle trône un bloc de béton, de la dimension d’un distributeur de canettes. C’est effectivement un distributeur, il livre les ouvrages commandés par le lecteur sur le discret pavé numérique, dans le fracas propre à ces machines. Le catalogue est accessible et mis à jour en ligne. Il se double des fiches alphabétiques classées dans un meuble 1900 récupéré dans le grenier d’une médiathèque des alentours. Chaque ouvrage est côté numériquement sur la tranche suivant l’ordre d’ajout à la collection.

Deux points de retrait/dépôt en surface

Toiture — Les panneaux photovoltaïques disposés sur le versant sud de la toiture de Néel garantissent l’alimentation du robot. Tant qu’ils seront en fonction, l’accès automatique à la collection est garanti.