La Somme de ses parties [4/4] – Bibliothèque de partitions

Elle est insérée dans l’espace négatif formé à l’arrière du bâtiment Capelle par le volume du nouvel amphithéâtre et l’ancienne façade nord. C’est un système proliférant mis en compression. Il se structure par la disposition de son mobilier qui s’organise/se réorganise selon les interactions des usagers.

Au moment de restituer ses emprunts, chaque individu a la possibilité de les différencier en autant de groupes qu’il le souhaite. C’est-à-dire que selon les critères qui lui sont propres, il met ensemble ce qui pour lui va ensemble : une même inspiration, un même souffle, une même couleur qu’il a ressentie ou raisonnée. Le bibliothécaire informe un registre informatique de ces liens nouvellement crées et range à une nouvelle place les éléments rendus.
Ainsi, le classement est appris analogiquement par les nouvelles informations produites par les interactions des usagers avec la collection, à la manière des algorithmes d’apprentissage de deep learning.

La mise en volume de cette collection s’effectue selon la règle de bon voisinage : plus il existe de liens entre deux œuvres, plus ils doivent être proches spatialement. C’est une généralisation de la méthode de classement Warburg d’un homme à un groupe de personnes. Le volume est donc constitué de manière participative, le classement est le reflet inconscient des individus.

Pourtant, il arrive le moment où la disposition actuelle du mobilier ne permet pas une mise en volume correcte de la classification enrichie par les apprentissages. C’est un seuil d’incohérence défini par le bibliothécaire qui une fois atteint, lance le processus de réorganisation douce des éléments et du mobilier sur un intervalle de temps lui aussi défini par le bibliothécaire. La bibliothèque fini par se stabiliser dans un nouveau motif, jusqu’à la prochaine crise.

Les artefacts organisés dans les éléments de mobilier sont les coffrets décrits ci-haut contenant la partition, le disque microsillon et le QR-code. Chaque meuble est un assemblage ou un unique cube de 350x350mm évidé. Ils sont empilés, juxtaposés, alignés, asymetrisés, suspendus, enterrés, dissimulés, mis en plein milieu du passage, exportés, mis en lumière.

C’est donc un espace en évolution constante qui à un temps t cartographie une façon d’envisager une collection d’albums.

Coffret – Carton en pâte de cellulose, pH 8 avec réserve alcaline QRCode – Accès temporaire à la version numérique de l’interprétation (encodages FLAC 24 bits/ 192 kHz +MP3 320kbps) Partition – Musique non interprétée, en devenir (encodée dans le standard de la notation musicale occidentale) Disque microsillon – version analogique de l’interprétation et illustration (surpochette qualité archive, pochette carton, laque vinylique/matériaux divers microgravés)