Les potentialités de l’objet-livre et de la bibliothèque-monde

Partons du livre en lui-même. Par définition, il s’agit d’un assemblage, chaque page étant «la suite de la précédente et l’origine de la suivante». Cependant, l’assemblage en question ne relève pas seulement de la hiérarchie interne de l’objet, il y a également une part de conception et de réception sensible, une appréhension personnelle – parfois inconsciente – qui ressort de l’abstraction mentale. Cette dernière dépend de chaque individu, de ce qu’il porte en lui. De plus, un livre est une production de l’esprit mais aussi un support, une ‘interface’ avec le·la lecteur·rice qui permet la diffusion et la conservation de textes variés : il est un ‘objet culturel’ transmettant du sens suivant une forme matérielle singulière, allant par-delà une temporalité et une topographie (concrète ou abstraite).

Jorinde Voigt – Inventaire des circonstances

Jorinde Voigt est une artiste contemporaine allemande, créant et exploitant une grammatologie visuelle dans ses dessins de grands formats qui prennent leur origine dans le lien – et l’intérêt – très étroit qu’elle entretient avec la musique (elle pratique le violoncelle depuis l’âge de 9 ans) et ses études en philosophie et littérature.

Séminaire ‘Patrimoine Architectural et Humanités Numériques’, Fiche de cours

Le séminaire Patrimoine Architectural et Humanités Numériques propose, le temps d’un semestre, une introduction puis un approfondissement des pratiques numériques et émergentes d’analyse scientifique des patrimoines aux étudiants en Master à l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Marseille. Ce carnet consignerait les visites et les protocoles d’acquisition mis en oeuvre, ainsi que les mémoires et articles soumis par les étudiants au cours de leur semestre d’études.

Opicinus de Canistris : égocartographie mentale tourmentée

Au détour d’une page — et début — de Suicides exemplaires d’Enrique Vila-Matas, je découvre l’existence d’une figure singulière, oubliée durant plusieurs siècles. C’est celle de l’intriguant ecclésiastique italien Opicinus de Canistris « dont l’obsession majeure consistait à interpréter la signification des cartes de géographie en y projetant son propre monde intérieur — il se bornait à dessiner le contour des côtes méditerranéennes dans toutes leurs dimensions pour superposer parfois deux orientations différentes du même tracé et représenter sur ces compositions des personnages de sa vie ou y coucher ses opinions sur les questions les plus diverses —, c’est-à-dire laisser le lecteur projeter son propre monde intérieur sur la carte littéraire secrète de l’itinéraire moral ici même suicidé-né » [01]. Lignes tout aussi intrigantes puisqu’elles clôturent le premier chapitre de l’auteur espagnol, un chapitre au titre révélateur, sans le savoir, quant à l’ ‘’œuvre’’ d’Opicinus : Voyager, perdre des pays.

Notes (éparses) sur la Littérature – Enrique Vila-Matas, disparaître et s’incarner dans la littérature

Enrique Vila-Matas, romancier et essayiste espagnol hors catégorie, adopte une écriture à la fois anti-traditionnelle et provocatrice ayant pour thématique obsessionnelle la littérature. Cette dernière est déployée dans et pour chaque récit comme un exercice de virtuosité, devenant dispositifs (auto)réflexifs mêlant réel et fiction, mises en abyme transtextuelles infinies convoquant une multitude d’auteurs (notamment Franz Kafka, Maurice Blanchot et Robert Walser).

Cartographie sémantique des mémoires d’architecture à Lyon

A feuilleter les interminables listes de sujets, puis à lire en diagonale quelques résumés ‘pour se faire une idée’, rien à faire, l’on se perd dans leur diversité sans même pouvoir prendre un tant soit peu de recul.
Alors, nous avons entrepris une fouille de texte numérique sur le corpus des mémoires d’architecture produits à l’ENSAL au cours de l’année 2018 pour en proposer un début de cartographie